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19 janvier 2010

Résumé de livre : La responsabilité sociétale des acheteurs

Par : Fannie Gibeau, BAA, BSc, acheteur sanofi-aventis




Auteurs :
Michel Joras et Jean Lepage
ISBN10 : 2-7081-3281-4
ISBN13 : 978-2-7081-3281-8
Éditeur : Eyrolles, Éditions d'organisation
Copyright : 2005
Nombre de pages : 155
Prix : 35.95 $ CAN (prix à titre indicatif seulement, sujet à modifications)






Table des matières

Chapitre 1 : RSP, de quoi parle-t-on ?
Chapitre 2 : Comment apprécier une RSP ?
Chapitre 3 : La Profession achat : Qu'entend-on par profession achat ?
Chapitre 4 : Quels sont les risques professionnels de l'acheteur ?
Chapitre 5 : La responsabilité sociétale professionnelle des acheteurs : Comment la profession achat peut-elle faire vivre sa RSP ?
Chapitre 6 : Comment la profession achat peut-elle soutenir sa RSP ?
Chapitre 7 : Comment s'informer en continu ?

Résumé

Qu'est ce que la responsabilité sociétale professionnelle?
C'est de s'assurer non seulement de la pleine satisfaction aux obligations légales mais aussi d'assurer l'intégration des préoccupations sociales et écologiques (sociétales) dans nos prestations internes et externes et leurs relations avec toutes les parties prenantes.

Ce concept est fondé sur 3 mots clés

Professionnel : personne qui exerce une activité spécifique avec des compétences et qualifications d'après un programme de formation adapté et spécialisé.

Sociétal : considère la société dans sa globalité à partir des trois (3) approches du développement durable (croissance économique équilibrée, progrès social, protection de l'environnement)

Responsabilité : répondre de ses actes, être chargé de faire quelque chose et en être garant.
Rôle de chacun dans son intervention, au niveau de l'élaboration, de la décision et de la mise en œuvre. Chacun des acteurs assumant son rôle dans son propre domaine de compétences mais dans un processus d'interaction et d'évolution constante.

La responsabilité sociétale tire ses sources des différentes approches suivantes :

1- Développement durable : développement qui permet aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans remettre en cause la capacité des générations futures à satisfaire les leurs;

2- La théorie des parties prenantes : La prise en compte des relations de l'entreprise avec les parties prenantes internes et externes;

3- La philosophie de l'éco-économie : création de plus de valeur avec moins de ressources et la prise en compte de la fin de vie des produits dès l'étape de l'achat;

4- L'éthique des affaires : notion de capital éthique d'une compagnie (au même titre que le capital humain, technologique, etc.);

5- L'émergence d'un droit à la sécurité : Responsabilité d'assurer la sécurité financière (Sarbanes-Oxley) mais pourquoi cette obligation ne porterait pas aussi sur le contrôle des risques sociaux et environnementaux de l'entreprise?

6- La gestion des effets des prestations professionnelles : s'assurer d'entretenir et de perfectionner les connaissances et les compétences;

7- La modélisation du management des prestations : Plan Do Check Act

Tous les principes ci-dessus font partie d'une "Soft law" qui est considérée comme un droit que l'on s'assigne selon des règles de conduite que l'on se donne, pour lesquelles on s'engage. C'est l'application d'un code de déontologie de bonnes pratiques et de bonnes conduites.

La responsabilité liée à la profession achat

C'est l'intégration des principes du développement durable constitué de l'éco-économie, l'équité sociale, la qualité de l'environnement et l'éthique des affaires lors du processus d'achat, soit de l'élaboration des besoins au choix du fournisseur.

Les risques encourus par l'acheteur peuvent être à tous les niveaux du processus d'achat. Lors de la rédaction du cahier des charges, l'acheteur doit s'assurer que le besoin exprimé correspond à une obligation de résultats et que le marché dispose de fournisseurs capables de satisfaire le besoin. L'appel d'offres, avec le cahier des charges et les spécifications, doit être fondé sur une contribution efficace au développement durable et aux attentes et besoins des parties prenantes.

Lors de l'analyse des offres, l'acheteur doit s'assurer que le fournisseur doit non seulement être fiable et compétitif mais il doit aussi s'assurer de sa réactivité (localisation), de sa flexibilité (variation de volume) et sa fiabilité (suivre l'évolution technologique). De plus, il faut regarder l'implication des fournisseurs et sous-traitants dans une logique de développement durable soit les conditions de travail et le respect des obligations internationales. La négociation a pour but de conclure un accord gagnant/gagnant. Le choix du fournisseur sera effectué pour trouver un compromis entre les différentes contraintes et risques encourus.

Les risques les plus importants se trouvent lors de la phase du contrat d'achat. Afin de se protéger, l'acheteur doit identifier les risques des situations d'achat auxquels il est confronté et connaître les clauses opportunes indispensables à l'élaboration d'un bon contrat. Un contrat a non seulement sa propre justification juridique mais aussi sa propre justification éthique : il est juste parce qu'il est voulu.

La responsabilité sociétale appliquée à la profession

L'acheteur doit assurer la sécurité des personnes de l'entreprise en collaboration avec les clients internes afin que les biens achetés répondent à des spécifications de sécurité et sûreté d'usage.

L'acheteur peut jouer un rôle pour favoriser le progrès des conditions de travail chez les fournisseurs, partout dans le monde. Il peut demander que le fournisseur applique les règles de sécurité pour ses travailleurs en leur demandant de souscrire aux principes sociaux de Global Compact. Pour s'assurer du respect des ces règles, l'acheteur peut auditer les conditions de travail.

L'acheteur peut aussi mettre en place des chartes achats durables ou des chartes sociales.

Par-dessus tout, l'acheteur doit créer les conditions d'une bonne pratique du métier d'acheteur par sa formation et sa formation continue, ses compétences et son intégrité en respectant la déontologie rigoureuse associée à sa fonction. Pour ce faire, l'acheteur doit disposer d'une marge suffisante de liberté et d'autonomie et d'attachement à son entreprise qui se résume en 5 points :

  1. L'attachement à la réussite de son entreprise (créateur de valeur par une gestion créative et compétitive)
  2. La liberté et l'ouverture d'esprit (remet en cause les idées préconçues)
  3. L'autonomie (passe d'une logique d'obéissance à celle de responsabilité)
  4. La crédibilité (création d'un climat de confiance réciproque)
  5. La qualification (être qualifié pour l'exercice des prestations dont il a la charge)

L'entreprise quant à elle se doit de protéger l'acheteur de la corruption et lui assurer une formation permanente pour s'assurer des bonnes pratiques. Il faut aussi créer les conditions du respect du secret professionnel et favoriser l'émergence d'une délégation efficace.

Les achats doivent prendre en compte constamment les quatre volets du développement durable soit économique, social, environnemental et éthique. Par contre, c'est dans l'économie des matériaux et des ressources (éco-conception) que la responsabilité sociétale des acheteurs peut s'appliquer.

L'éco-conception d'un produit éco-économie

Production

  • Réduction quantitative et qualitative des matières utilisées
  • Réduction de l'intensité énergétique
  • Réduction d'usage d'espace
  • Réduction des déchets
  • Diminution des emballages
  • Réduction des composants constituants

Utilisation

  • Dématérialisation possible
  • Réduction de l'entretien
  • Maximisation des possibilités d'usage
  • Augmentation de l'intensité et de la diversité des services apportés
  • Usage locatif favorisé

Fin de vie

  • Extension de la viabilité
  • Augmentation de la durée de vie
  • Capacité à être démonté, réparé, réutilisé
  • Augmentation du recyclage
  • Innocivité de la destruction
  • Biodégrabilité

Le livre explique ensuite comment évaluer la responsabilité sociétale des acheteurs, comment introduire des normes pour le management des achats, comment évaluer les fournisseurs au regard de la responsabilité sociétale, comment certifier le processus achat (ISO 9000), comment s'appuyer sur le réseau des acheteurs. Le tout est expliqué de façon sommaire à l'aide de référence et de citation de normes et d'organisme.

Références

www.unglobalcompact.org
www.globalreporting.org
www.inrs.fr (guide d'évaluation des risques professionnels)
www.ce-ds.asso.fr

Réseau des acheteurs International
www.ifpmm.org (Réseau International)
www.cdaf.asso.fr (France)
www.nigp.org et www.ism.ws (USA)
www.ips.org (UK)

Note sur le livre

Le livre contient un grand nombre de définitions et de références à des façons de faire françaises qui ne s'appliquent pas nécessairement chez nous, notamment dans la première partie du livre. Par contre, la partie achat du livre est une bonne source de référence au niveau des achats pour un nouvel acheteur ou comme aide mémoire et outil de formation continue. La partie sur les contrats est plutôt intéressante pour quelqu'un qui n'est pas à l'aise avec ce sujet.